Costumes traditionnels 1820-1860

Vers 1830-1850, les Normandes se vêtent généralement d'une jupe en tissu épais, lourd, mais surtout solide : le droguet, la chaîne est en lin et la trame en laine. Si en Cotentin, ces droguets sont souvent unicolores, dans le Calvados, ils sont le plus souvent à rayures de couleurs différentes. Les plus anciens sont blancs et rouges, ils datent dit-on, de l'époque révolutionnaire, puis ils mêlent du bleu et du rouge, du brun, du vert. Sous la jupe, plusieurs jupons sont superposés. Un caraco, parfois appelé « canezou » sert de veste sur la chemise de drap de lin le « tous-les-jours », de toile plus fine les jours de fêtes. Sur les épaules, la Normande épingle un fichu souvent de coton imprimé, les motifs floraux sont nombreux. Enfin, elle attache devant elle un tablier, de toile, de soie pour les plus aisées, un « devantei » dont la large « bavette » protège la poitrine.

Et surtout, la Normande porte une coiffe sur sa tête. Coiffe petite, voire modeste bonnet pour les jours ordinaires, elle se pare d'une grande coiffe, les grands jours de fête et les dimanches carillonnés. Ces coiffes étaient différentes d'un village à l'autre : on dit que chaque paroisse avait sa coiffe particulière : celles portées dans notre groupe sont originaires du Calvados ouest, Plaine de Caen, Bessin, Bocage Virois. Ce sont des coiffes dites à « rencontre ».

A la même époque, les normands utilisent encore des vestes courtes, mais, de plus en plus souvent des blaudes. La blaude existe depuis longtemps, mais vers 1820, elle abandonne son seul rôle de vêtement protecteur et devient habit d'apparat. Elle est de toile de lin très fine, bleue, et se brode au col, aux pattes d'épaules, aux tours de poches et aux poignets. Autour du cou, le col est bien amidonné et un foulard se noue.

Les hommes portent encore la culotte de drap, ou d'autre tissu rustique. Elle est boutonnée aux genoux selon la coupe typique sous l'Ancien Régime, mais la mode du pantalon est apparue et tend à être adoptée. La fermeture, à la ceinture, est dite « à pont », c'est-à-dire faite d'une pièce de tissu plus ou moins grande, qui se relève de l'entre-jambe jusqu'à la ceinture, réminiscence sans doute de l'ancien haut-de-chausse.

Sur la tête, le Normand porte fièrement sa casquette « à pont », plus ou moins haute. D'autres couvre-chefs, bonnets de laine ou de coton, chapeaux de différentes formes ont été aussi utilisés.

Aux pieds, Normandes et Normands ont toujours utilisé des chaussures de cuir solides qu'ils noircissaient volontiers avec un peu de graisse de lard et de la suie de la cheminée. Les sabots étaient utilisés pour un usage plus quotidien.

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