Musique normande par Blaudes et Coëffes de Caen

« Le violoneux se hisse sur une gerbe, prend son crin-crin et attaque une contre-danse ».

Extraits de musique normande

  • "Pique la ma grand-mère"

    Reflets Dansés - Fédération Folklorique Normandie-Maine
  • "Noce 1900"

    Reflets Dansés - Fédération Folklorique Normandie-Maine

Traditionnellement dans nos campagnes, un seul musicien menait la danse.

Le ménétrier donnait la cadence en frappant du pied et grattait son violon avec enthousiasme et chacun reprenait le refrain et sautait en rythme.

A travers les temps, les instruments utilisés ont été nombreux, on pourrait certainement dire que toutes les familles d'instruments ont été utilisées dans les campagnes. Cependant, aucun ne semble avoir été suffisamment adopté pour acquérir une forme, une sonorité, bref quelques caractéristiques purement régionales.

Au XIXème siècle, c'est surtout le violoneux qui anime les assemblées. Il joue d'oreille, connaît son répertoire, l'enrichit de nouveaux airs en fonction de rencontres avec d'autres musiciens. Il est de toutes les fêtes et particulièrement aux mariages.

Instruments de musique normands

Lorsque « l'instrumenteux » n'était pas là, les danseurs s'accompagnaient à la voix. Alors, un chanteur entonnait un air de ronde, tous dansaient et reprenaient le vers chanté et le refrain, d'où un grand nombre de rondes avec de nombreux couplets et des reprises.

Plus tard, l'accordéon fera son apparition. On s'accorde généralement pour attribuer à Demian, en 1829, à Vienne, la mise au point du premier « accordion ». Bien sûr, il était diatonique. Une note était obtenue en poussant le soufflet, une autre en l'étirant, d'abord un clavier à la main droite, puis un deuxième à la main gauche. Il fut un instrument pour les dames dans les salons. Des fabriques françaises se spécialisèrent, Dedenis en 1866. C'est sans doute après la guerre de 1870 que l'accordéon a pris tant d'importance en France, et à la fin du siècle, il était devenu l'instrument le plus populaire dans nos campagnes.

C'est seulement après la première guerre mondiale que l'accordéon chromatique va être utilisé, mis au point par la maison Hohner sans doute en 1916.

Antérieurement, il y eut d'autres instruments à anches connus dans les milieux populaires, et notamment la cornemuse. Il a existé des cornemuses partout dans le monde, plus ou moins sophistiquées. La Couture Boussey, dans l'Eure fut un centre renommé pour sa facture d'instruments à vent et une musette de cour y était fabriquée. Comme d'autres instruments, la cornemuse a d'abord été un instrument « noble », joué à la cour, avant de devenir populaire. Il y a eu une ou des cornemuses en Normandie, leur nom en normand est « loure », parfois « bousine », mais à ma connaissance, si l'existence en est avérée, aucune n'a été retrouvée. Ont-elles été victimes de la vindicte de l'église qui les a qualifiées « d'instruments du diable » ?

On ne peut les imaginer qu'à partir de représentations dessinées ou peintes et de sculptures dans quelques églises.
Certainement, au XVIIème siècle comportaient-elles, un sac, une embouchure, un chalumeau avec une anche double et un ou, peut-être, deux bourdons.

Musiciennes normandes avec un violon et une vielle

À la même époque, il y eut la vielle à roue. Il en fut fabriqué en Normandie, et au XVIIème, des ateliers caennais fournissaient des instruments à la cour.
C'était des vielles plates, avec certainement une sonorité assez douce. Elles ont laissé plus de traces que la loure. Les noms de plusieurs vielleux sont connus et le dernier vielleux traditionnel est mort entre les deux guerres. Depuis quelques temps, la vielle a repris de l'intérêt. Rappelons que la plus ancienne représentation de vielle est un bas-relief sur un chapiteau de l'église de Boscherville, en Seine Maritime ; c'est un « organistrum » et il fallait deux personnes pour en jouer.

Tous les instruments à vent ont été connus et utilisés. Il en est ainsi des flûtes, flûte à bec ou flûte douce, dont le son est produit par une sorte de sifflet, elle descend du flageolet et bien sûr, la flûte traversière dont le son vient de la position des lèvres sur l'embouchure. A l'origine, elles n'avaient que des trous simples, 6 trous permettaient de jouer une gamme diatonique, 1 septième facilitait la montée d'octave. Peu à peu, elles se sont modifiées et des systèmes de clefs ont été ajoutés autorisant des jeux de demi-tons plus faciles.

La clarinette, comme tous les bois, a été utilisée en Normandie, soit elle, soit son ancêtre le chalumeau. Le chalumeau était composé d'un tuyau cylindrique percé de 6 ou 7 trous et d'une embouchure, bec plus anche simple. C'est à la fin du XVIIème siècle que Denner ajouta des clefs pour faciliter le jeu et améliorer le son.

La clarinette et la flûte utilisées aujourd'hui ont un système de clefs assez complexe dit « système Boehm ».

Groupe de musiciennes normandes

Le groupe Blaudes et Coëffes essaie de respecter l'esprit de l'évolution des pratiques musicales et des instruments. Les danses les plus anciennes sont jouées avec un ou deux instrumentistes, violon et flûtes, et les danses de l'époque 1900 sont accompagnées d'un ensemble musical plus important, violon, vielle, flûte, clarinette et accordéon.

Ainsi, chaque partie présentée à une sonorité qui lui est propre.